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Non aux attentats xénophobes en AFRIQUE du SUD !

Non aux attentats xénophobes en AFRIQUE du SUD !

La Ligue Panafricaine – UMOJA dénonce avec la plus grande fermeté les attentats à la vie commis en Afrique du Sud par une majorité noire aliénée sur des ressortissants de la même couleur de peau, mais qui ont le malheur d’être d’une nationalité africaine autre que sud-africaine, et ce dans un contexte de violence systémique auquel les autorités nationales comme continentales refusent de mettre fin. Ce drame est l’occasion de rappeler brièvement l’évolution d’un pays qui s’est emparé du concept de la « Renaissance Africaine » mais qui n’a pas voulu faire du panafricanisme le cœur de son idéologie politique.

La Ligue Panafricaine – UMOJA dénonce avec la plus grande fermeté les attentats à la vie commis en Afrique du Sud par une majorité noire aliénée sur des ressortissants de la même couleur de peau, mais qui ont le malheur d’être d’une nationalité africaine autre que sud-africaine, et ce dans un contexte de violence systémique auquel les autorités nationales comme continentales refusent de mettre fin. Ce drame est l’occasion de rappeler brièvement l’évolution d’un pays qui s’est emparé du concept de la « Renaissance Africaine » mais qui n’a pas voulu faire du panafricanisme le cœur de son idéologie politique.

Fondé sur la suprématie blanche et la domination économique, politique et militaire impérialiste, le régime d’apartheid sud-africain a été combattu, endigué et vaincu par les forces panafricaines coalisées. Depuis les pays africains en particulier de la Ligne de Front (Zimbabwe, Zambie, Mozambique, Tanzanie, Angola…) qui ont subi les représailles militaires impérialistes, jusqu’à l’île de Cuba qui apporta une contribution décisive lors de la bataille de Cuito Cuanavale en 1988, en passant par les diasporas africaines du monde entier, la mobilisation internationale a accompagné la résistance intérieure sud-africaine menée par toutes les forces progressistes (étudiants, travailleurs, femmes, églises, organisations communautaires…). Toutes ces forces ont continué la lutte contre le système d’exploitation qui s’est maintenu même après la fin de l’apartheid. Les alliances construites pour faire tomber le régime d’apartheid vont donc bien au-delà de la seule figure iconique de Nelson Mandela et de l’action de l’ANC.

Plus ancien parti politique du continent aujourd’hui en activité, l’African National Congress (ANC) est créé en 1912 avec une vocation continentale et panafricaine assumée et dynamique. Quand la politique d’apartheid est institutionnalisée par le Parti Afrikaner en 1948, et l’actuelle Namibie annexée illégalement par Pretoria, l’ANC – notamment les branches Femmes et Jeunes – coordonne la lutte politique avec de nombreuses manifestations et revendications inscrites dans la Charte de la Liberté de 1955, puis la riposte militaire avec le déclenchement de la lutte armée au lendemain du massacre de Sharpeville le 21 mars 1960, en parallèle avec le Pan African Congress (PAC) et le Parti Communiste Sud-Africain (SACP).

Mandela est envoyé en mission en Éthiopie, en Algérie ou en Angleterre afin de trouver les soutiens militaires, financiers et logistiques qui permettront d’engager dans la durée une lutte sans merci contre l’apartheid qui a coûté la vie à plus de deux millions de personnes et occasionné plusieurs dizaines de milliards de dollars de destruction.

Contraint par la force militaire et la pression économique d’ouvrir des négociations à la fin des années 1980 et de libérer tous les prisonniers politiques au premier rang desquels Mandela, le régime blanc soutenu par les forces néolibérales et impérialistes a préservé de nombreux privilèges qui, en raison de la disparition du prétexte racial, ont inévitablement réduit les inégalités entre Noirs et Blancs tout en renforçant les inégalités internes aux Noirs, qu’ils soient de nationalité sud-africaine ou autre. Dans un contexte de guerre civile voulue par les franges extrémistes noires et blanches, la formule d’un Gouvernement d’Union Nationale au lendemain de la chute de l’apartheid a fait obstacle à toute mesure de transformation socioéconomique radicale, selon un procédé qu’ont connu beaucoup de pays africains où les forces d’un panafricanisme souverain ont été éliminées à la veille des indépendances et le pouvoir confié aux collaborateurs africains du néocolonialisme.

Pour mieux masquer leur soutien au régime d’apartheid déchu, les médias dominants associés à Hollywood ont habilement transformé la campagne internationale de boycott contre l’apartheid en campagne de sanctification de Mandela, paradoxalement considéré jusqu’à sa mort comme un terroriste par certains lobbies influents. En le mettant sur un piédestal qui le coupe des masses populaires sans lesquelles il n’est rien, ou en réduisant l’analyse de la situation sud-africaine à un débat manichéen « pour ou contre Mandela ? », nous faisons le jeu des forces néo-réactionnaires qui ont promu cette figure historique de la libération africaine pour mieux dépolitiser une jeunesse qui se reconnaît davantage dans la révolte de Soweto de 1976, dans le martyr de Steve Biko, leader du Mouvement de la Conscience Noire, ou la figure populaire et charismatique de Chris Hani, assassiné en avril 1993 par un extrémiste blanc.

Cette pratique d’individualiser ou d’endormir les luttes à travers une figure éminente et faussement consensuelle va à l’encontre des stratégies panafricanistes de conscientisation et de libération collective. Mandela a consacré sa vie au combat contre l’apartheid, mais il n’a réalisé aucun miracle seul, il n’a commis aucune erreur seul, mais il a accepté d’en porter la responsabilité devant l’Histoire, là où tant d’autres ont brillé par leur absence ou leur silence encore plus traitre.

La Ligue Panafricaine – UMOJA appelle les peuples de la Famille Africaine Mondiale à comprendre que les choix qui leur sont offerts par d’autres ne seront jamais à la hauteur des possibilités qu’ils peuvent se créer par eux-mêmes dès lors qu’ils prennent conscience et connaissance des leçons de l’Histoire et des défis qui se posent à chaque génération.

L’ANC a maintenu la rhétorique de la Charte de la Liberté qui réclamait la nationalisation des secteurs stratégiques (mines, banques, énergie), la redistribution des terres et une politique de justice sociale et de réparations.

La phraséologie a fait illusion à travers la promotion d’une petite bourgeoisie noire comprenant un nombre croissant de millionnaires. Si le gouvernement d’union nationale a démantelé le programme militaire nucléaire ainsi que le programme de guerre bactériologique construit par l’apartheid pour exterminer les Noirs, il a en revanche dépensé des milliards de dollars en armement à la demande des lobbies et des sociétés de sécurité. Ce choix, alors que l’Afrique du Sud ne connait aucune menace sécuritaire ou terroriste réelle, a été fait au détriment de l’éducation, de la santé, de l’emploi et du logement. Cette politique a fait le bonheur des ONG, des églises ou autres entrepreneurs du divertissement (football, boissons, casino…) dont l’agenda a un peu plus détourné l’attention des populations de la responsabilité politique.

Avec près d’un quart de siècle au pouvoir, le bilan politique, économique et social de l’ANC est donc très insuffisant au regard des attentes et du potentiel sud-africain. Le bilan est même criminel quand on se remémore le massacre des mineurs de Marikana par les services de police sud-africains. Il est dramatique au regard de l’actualité. Depuis 2008, l’Afrique du Sud n’a pas connu une seule année sans des vagues d’attaques xénophobes menées par des Noirs sud-africains contre des Noirs africains injustement qualifiés d’immigrés. Dans le même temps, les groupes racistes blancs et nostalgiques de l’apartheid ont reconstitué une partie de leur arsenal idéologique, politique, économique et militaire.

Le régime de l’ANC s’est enfermé sur de nombreux sujets (violences xénophobes, pandémie VIH, apartheid économique…) dans une logique de déni qui ne saurait tenir plus longtemps. Bien qu’il ait fallu deux décennies pour que des étudiants qui n’ont pas connu l’apartheid réclament la démolition de la statue du colon Cecil Rhodes, l’histoire de la lutte contre l’apartheid doit être enseignée selon la seule perspective possible et libératrice du capitalisme et de la xénophobie : la perspective panafricaniste qui dévoile le vrai visage de la solidarité de la Famille Africaine Mondiale.

Le pouvoir sud-africain est depuis longtemps idéologiquement divisé entre des branches révolutionnaires, socialistes, nationalistes et néolibérales, dans un ordre allant de la branche minoritaire à la branche majoritaire. Chacune de ces branches présente des points faibles et des points forts, mais au-delà de leur présentation populiste, elles ont toutes un défaut commun : l’abandon de l’Umoja et de l’Ubuntu. Le panafricanisme d’unité politique et l’éthique sociale et communautaire de l’Ubuntu ont été abandonnés à l’heure où les peuples noirs ont plus que jamais besoin de solidarité, de protection et d’organisation pour retrouver un équilibre et une puissance collective.

La Ligue Panafricaine – UMOJA appelle les peuples de la Famille Africaine Mondiale à répondre de la manière la plus sérieuse à la détresse morale et politique suicidaire qui ronge le Continent et la Diaspora.

Ubuntu, l’Humanité par appartenance au corps vital africain, et Umoja, l’Unité d’appartenance au même corps politique, sont à replacer au cœur de notre conception de la vie privée et publique, mais également dans les relations internationales. Moins nous porterons nous-mêmes attention à la valeur de la vie africaine, moins le monde qui nous est déjà hostile prendra en considération l’avis et la vie des Africains et des Noirs en général.

Les attaques xénophobes ne doivent pas faire oublier le point de vue géopolitique.

L’Afrique du Sud est le plus petit, le plus faible et le dernier venu des BRICS qu’elle a rejoint en décembre 2010. Au Brésil, les attaques ultralibérales et néo-réactionnaires ont conduit à la destitution de la présidente Dilma Rousseff, et les populations noires situées au bas de l’échelle socioéconomique font l’objet de représailles de la part des nouvelles autorités qui remettent en cause toutes les avancées connues depuis l’élection de Lula en 2003. En Inde, où de nombreux Africains subissent malheureusement un traitement raciste, le parti du Congrès de Manmohan Singh a connu en 2014, après dix ans de pouvoir, une défaite historique face au parti nationaliste BJP de Narendra Modi. La Russie de Vladimir Poutine fait face à un nombre croissant de conflits périphériques et diplomatiques tout en restant discrète en matière de politique africaine. La Chine qui dépend des matières premières africaines fait que notre Continent est placé au cœur de la guerre économique et commerciale menée par les États-Unis. À ces quatre puissances qui ont chacune leur direction historique, l’Afrique du Sud avait pour mission non pas de se hisser au même niveau, mais d’être la porte d’entrée d’un bloc de pays africains pour faire basculer l’ordre mondial vers une alternative globale.

L’Afrique du Sud avait la mission de rassembler, elle n’a fait que diviser. Comme beaucoup de néo-colonies africaines où il est plus facile d’entrer avec un passeport occidental, Tshwane a maintenu des lois qui favorisent l’immigration non-africaine et criminalisent l’immigration venant des autres pays africains. Le ciblage des Nigérians, après celui notamment des Congolais, n’est pas anodin. La rivalité de l’Afrique du Sud avec le Nigéria pour le titre de première puissance africaine ne doit pas amener à l’affrontement de deux pays dont les ennemis impérialistes ont toujours rêvé de les voir s’autodétruire et s’entredéchirer. Abuja et Tshwane doivent travailler ensemble dans le cadre d’une vraie politique de développement panafricaniste capable de créer de l’emploi pour des dizaines de millions d’Africains, capable d’assurer un bouclier militaire pour tout le continent et la diaspora.

En remplaçant la bourgeoisie blanche par la bourgeoisie noire, l’ANC a adopté une politique néolibérale consistant à désocialiser le capitalisme pour le rendre plus acceptable et encore plus fort. Les ressortissants de tous les pays africains où se trouvent des multinationales sud-africaines opérant notamment dans l’extraction minière sont fondés à venir travailler légalement en Afrique du Sud par réciprocité et compensation, en attendant l’abolition d’un sous-impérialisme sud-africain. En renforçant l’identité nationale sud-africaine derrière le masque imparfait et craquelé de la réconciliation, et derrière des lois d’immigration de plus en plus restrictives, l’État Sud-Africain s’est idéologiquement fermé à l’identité africaine continentale.

Les massacres xénophobes laissent entendre qu’il existerait des Sud-Africains « de souche », alors qu’aucun Africain ne peut être étranger en Afrique. Il est plus qu’urgent de mettre en place une véritable citoyenneté panafricaine incluant les territoires historiques de la Diaspora comme Ayiti. Le « passeport continental » lancé par Paul Kagamé et Idriss Deby à Kigali en juillet 2016 sous la supervision de la présidente de la Commission de l’Union Africaine Madame Nkosazana Dlamini-Zuma, laquelle envisage de briguer la magistrature suprême en Afrique du Sud, apparaît ainsi comme un divertissement supplémentaire à l’heure où les panafricanistes appellent à la déconstruction radicale de la mentalité berlinoise, micro-nationaliste et tribaliste.

A toutes les personnes sensibles au sort de notre Continent et des Diasporas, la Ligue Panafricaine – UMOJA (LP – UMOJA) est la maison politique de toutes les forces de la Famille Africaine Mondiale qui veulent s’organiser et se fédérer pour parachever la lutte pour la reconquête de notre souveraineté mentale, politique, monétaire, militaire et spirituelle.

Umoja Ni Nguvu ! (L’union fait la force !)
Pour le Bureau Politique Provisoire de la Ligue Panafricaine – UMOJA
Diogène Henda Senny Président

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