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Il y a 7 ans, mourrait Abel Goumba, l’Hommage de la LP-Umoja

Il y a 7 ans, mourrait Abel Goumba, l’Hommage de la LP-Umoja
Le Pardon et la Réconciliation entre MM. David DACKO et le Professeur Abel GOUMBA (Gauche)

Il y a 7 ans, mourrait Abel Goumba Panafricaniste, militant anticolonialiste Elève et compagnon de Barthélemy Boganda Création de la Fondation Abel Goumba (FAG) Président Abel GOUMBA, « Le vent agite les feuilles des arbres comme la mort secoue les hommes ». Ce proverbe Ovimbundu (Angola), montre notre impuissance devant la mort. Voilà 7 ans maintenant que tu

Il y a 7 ans, mourrait Abel Goumba
Panafricaniste, militant anticolonialiste
Elève et compagnon de Barthélemy Boganda
Création de la Fondation Abel Goumba (FAG)

Président Abel GOUMBA,

« Le vent agite les feuilles des arbres comme la mort secoue les hommes ». Ce proverbe Ovimbundu (Angola), montre notre impuissance devant la mort. Voilà 7 ans maintenant que tu nous as quittés, toi le baobab, le gardien de la mémoire des luttes anticoloniales.

En effet, le 11 mai 2009 au matin, alors que je venais de rentrer de Bangui, 10 jours plus tôt, soit le 30 avril, pour la présentation du 2ème tome de tes Mémoires et Réflexions Politiques sous le titre : « Mémoires et Réflexions Politiques, du Résistant anti-colonialiste, démocrate et militant Panafricaniste, Abel GOUMBA », après celui de janvier 2006 relative à la présentation du 1er tome, j’apprenais la terrible nouvelle de ta disparition.

Ce 30 avril 2009, à 83 ans et malgré les douleurs persistances aux genoux, la journée fut pourtant chargée, et disons, réussie. Tu avais magistralement défendu tes Mémoires tant devant les officiels invités à l’occasion à l’hôtel SOMBA, que devant les étudiants l’après-midi, à l’Université de Bangui.

Pour ta fidélité aux idéaux de la libération de l’Afrique, pour ta dignité, pour ton intégrité et pour ton Panafricanisme, nous, tes amis, nous ne t’avons pas oublié.

Ainsi, les 28 et 29 décembre 2015, sur invitation du Collectif des Associations des Jeunes Centrafricains, tes amis panafricanistes s’étaient rendus à Bangui pour annoncer la création de la Fondation Abel Goumba (FAG) dont l’objectif est de perpétuer ta mémoire et ton héritage politique.

GOUMBA, symbole de la fidélité :

L’homme qui a été ton Maître à l’école Primaire Supérieure de BAMBARI vers les années 42-43, qui deviendra par la suite ton Mentor Politique en faisant naître en toi le sentiment nationaliste par ses enseignements et par la correspondance politique abondante que vous entreteniez alors que tu étais à l’école de médecine « William Ponty » à DAKAR ; il fera de toi en 1957 le personnage politique le plus important en te désignant Vice-Président du premier gouvernement Oubanguien sous la loi Cadre, en se réservant lui-même pour la Présidence du grand Conseil de l’AEF à Brazzaville ; enfin, après sa tragique disparition le 29 mars 1959, cet homme deviendra ton « Modèle Politique ». J’ai nommé Barthélemy BOGANDA : sa vie, son action politique, ses idéaux sont devenus ton VADEMECUM politique, ainsi que tu l’avais promis dans l’oraison funèbre consacrée au Président BOGANDA, le 3 avril 1959 à l’occasion de ses obsèques.

Président GOUMBA, l’histoire a retenu que le dernier acte politique majeur de ton Maître, devenu ton « Mentor Politique » et enfin de ton « Modèle Politique », fût de planter le drapeau Centrafricain, j’aurais mieux dit le drapeau PANAFRICAIN, telle est la vocation de ce pays, socle de l’Unité Africaine.

En ce qui te concerne Président GOUMBA, l’histoire retiendra que le 30 avril 2009, ton dernier acte politique majeur, a consisté à présenter tes Mémoires dans un ultime effort malgré un état de santé particulièrement fragile, et nous pouvons le dire aujourd’hui, a posteriori, pour avoir été témoins à tes côtés en te servant quelquefois d’appuis. Mémoires dans lesquelles à chaque mot, à chaque ligne, à chaque paragraphe, à chaque page, tu avais fait la démonstration de ton indéfectible attachement aux idées de BOGANDA au prix des privations, déportation, emprisonnement, exil et j’en passe. Voilà la meilleure preuve de ta fidélité politique.

GOUMBA, symbole d’intégrité :

Ceux qui ne connaissent pas l’histoire ont souvent vite fait de railler ton slogan : « Maboko Avourou », entendu mains propres, comme une démagogie politicienne, ne savent pas que dès ton entrée en politique sous La loi-cadre, tu avais inauguré ton action par un acte frondeur dans le sens de l’intégrité.

En effet, on se souviendra que dès l’entrée en fonction du gouvernement de la Loi-cadre, le 14 mai 1957, tu t’es élevé contre l’acquisition des voitures de luxe, fort coûteuses destinées aux ministres, à cause des maigres ressources financières du gouvernement local.

Ce qui paraissait normal à tes collègues africains du gouvernement, souvent aux regards hagards dus aux avantages matériels liés à leurs fonctions, toi, Abel GOUMBA, tu te démarquais, suscitant ainsi un malaise en mettant le doigt sur le décalage entre les discours moralisateurs des dirigeants politiques et l’exercice du pouvoir.

Président Abel GOUMBA, nous autres, nombreux sympathisants panafricains, tu avais l’habitude de nous surprendre à chacune de tes visites en Afrique ou en France, en préférant séjourner dans les hôtels modestes, non pas parce que tu ne pouvais payer les palaces luxueux, mais pour être en conformité avec tes convictions de justice sociale et de modestie.

GOUMBA, symbole de la dignité :

Président GOUMBA, en 1964, après ton exil forcé, tu m’as confié que tu ne supportais pas que l’on te traite de médecin colonial comme si ta formation était au rabais. Tu as décidé alors de faire un doctorat de médecine comme s’il fallait aussi décoloniser tes diplômes.

L’initiative, quoi que louable, mais ne fût pas aisée à entreprendre car comment redevenir étudiant en faculté, après avoir été, successivement Vice-président du gouvernement sous la Loi-cadre, Ministre des finances, Président de la République par intérim ?

Mais, toi, Abel GOUMBA, homme digne, tu es reparti à l’école comme un étudiant, non plus seulement pour obtenir ton doctorat « décolonisé », mais en poussant plus loin jusqu’à l’Agrégation et multiples spécialités, et ce durant 9 ans d’études supplémentaires.

Cet épisode, comme tant d’autres qu’il serait long d’évoquer ici, montre à suffisance ton attachement à la dignité !

GOUMBA, la voix infatigable :

Président GOUMBA, ta voix forte qui s’entendait sur les ondes radios et les télévisions pour décrier les conflits militaro-politiques s’en est allée. Ces dernières années, la situation africaine en générale et celle de la RCA en particulier se sont détériorées : Attentats, fusillades, viols, conflits dit-on inter-religieux, etc. La RCA a frôlé la scission, hélas oui les poussières d’Etats n’ont pas l’air d’être déjà plusieurs sur le continent.

Toi, Abel GOUMBA, jamais tu n’es resté silencieux face à de telles situations car tu estimes que le silence constitue une trahison vis-à-vis de tes principes et envers ton peuple.

Nous retiendrons que la force que tu dégageais et la ferme conviction que tu avais en défendant les idéaux auxquels tu croyais ont fait leur preuve tant dans les moments stables pour certains que les moments de tension ; car pour toi, la stabilité de l’Afrique ne sera réelle que si elle est souveraine.

GOUMBA, le Panafricaniste :

Président GOUMBA, on ne le dira jamais assez, ta contribution et ta constance à la Cause Africaine, ne s’est jamais démentie. Tu as toujours témoigné de ton attachement aux idéaux de l’Unité Africaine.

L’histoire retiendra que c’est toi qui as arrimé le MESAN (Mouvement d’Evolution Sociale d’Afrique Noire) de BOGANDA vers les grands mouvements panafricanistes

en participant par exemple au Congrès du PRA (Parti du Rassemblement Africain) à COTONOU en juillet 1958, sortant ainsi le MESAN de son cloisonnement de l’Afrique Centrale.

Tu rejoins donc tout naturellement tes pairs, de Barthélemy BOGANDA à NKRUMAH, de NYERERE à LUMUMBA. Et tous ceux qui ont fait HONNEUR à la Patrie Africaine : Um NYOBE, Félix MOUMIE, Ossende AFANA, Steve BIKO, Thomas SANKARA…

En définitive, l’Afrique et les générations montantes retiendront de toi, Président GOUMBA : Fidélité en politique, Intégrité morale, Dignité et Amour de la Patrie Africaine. A cette génération de faire de tes idéaux des projets de redéfinition du développement de l’Afrique et de la restauration de la conscience africaine.

Feu Abel GOUMBA,
Intellectuel organique,
Et ligoté au Peuple !

La Patrie Africaine te restera reconnaissante aujourd’hui, demain et pour toujours !

Toulouse, le 11 mai 2016

Henda Diogène SENNY
Président de la Fondation Abel Goumba (FAG)

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