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Alimentation en Afrique et politiques des dons : à quoi ça rime?

Alimentation en Afrique et politiques des dons : à quoi ça rime?

La question de la souveraineté alimentaire sera, tant que les dirigeants africains ne se décideront pas à s’en préoccuper en Hommes responsables, un sujet sur lequel nous ne cesserons de revenir, quitte à en perdre définitivement notre salive et à voir nos doigts atrophiés au point de ne plus pouvoir taper sur un clavier. Et

La question de la souveraineté alimentaire sera, tant que les dirigeants africains ne se décideront pas à s’en préoccuper en Hommes responsables, un sujet sur lequel nous ne cesserons de revenir, quitte à en perdre définitivement notre salive et à voir nos doigts atrophiés au point de ne plus pouvoir taper sur un clavier. Et même si ces deux options survenaient un jour, nous n’hésiterons pas à utiliser nos orteils pour taper sur nos claviers d’ordinateur afin de rappeler ce qui est plus qu’une urgence : nous avons un peuple à nourrir et, à ce jour, les voies et moyens choisis par nos dirigeants sont plus, en général, plus que criminels.

LE MATCH AFRIQUE-TERRES ARABLES-RESTE DU MONDE : PERDU SI ON CONTINUE AINSI

Dans une excellente vidéo postée depuis quelques années sur le Web, l’universitaire africain Bwemba Bong se posait ouvertement la question de savoir ce que cherchent réellement les Chinois en Afrique. Si nous n’avons pas la possibilité de lire exactement dans leurs pensées, il nous est aise de voir, de constater que les Chinois en Afrique ne viennent pas faire du taoïsme ou de l’hindouisme, mais bien du business. Ils sont venus chercher de l’argent et tous les jours, il n’y a pas un pan de l’économie africaine dans laquelle ils ne sont pas de plus en plus présents. Et l’agriculture est une de leurs cibles préférées. Il y a des chiffres qui sont tellement parlants qu’ils devraient nous pousser à aller aux champs le plus rapidement possible et appliquer ce que nos ancêtres ont toujours su faire, en y apportant évidemment ce que nous avons acquis comme connaissances au fil du temps. La Chine c’est 20% de la population mondiale avec seulement 9% seulement des terres arables au monde. Ce pays immense (le 3e au monde par sa superficie) connait une insécurité alimentaire telle qu’il est obligé d’aller chercher des terres arables ailleurs, partout où la législation le permet. Et notre continent fait partie de ces zones où la Chine fait preuve d’une voracité extraordinaire, comme d’autres pays, comme d’autres multinationales et d’autres compagnies nationales, toutes et tous, non-Africains, évidemment. Depuis 2000, l’empire du Milieu a déjà acheté sur notre continent, 17 millions d’Ha de terres arables, via des sociétés semi-publiques ou privées. Sans parler des terres louées.

DES HOUES ET DES MACHETTES OFFERTES : DE QUI SE MOQUE-T-ON ?

Au moment où certains membres de la Société civile africaine tirent la sonnette d’alarme, au moment ou les Panafricanistes ne cessent de rappeler que vendre la terre africaine, celle que nos ancêtres nous ont prêté et que nous prêterons à notre tour à nos descendants, est une abomination. C’est un crime et un rejet complet de nos valeurs ancestrales car, rappelons-le encore une fois: en Afrique, la terre ne se vend pas. Incapables de mettre en place une politique afin que le continent recouvre sa souveraineté alimentaire, comme du temps des empires et des royaumes, certains gouvernants (ou qui se prétendent tels) ont recours à une méthode assez curieuse que nous ne pouvons hésiter à qualifier d’injurieuse tant elle s’est montré d’un mépris total pour nos populations. En effet, présidents de Républiques, Premiers ministres, ministres (de l’Agriculture comme d’autres), députés, sénateurs, familles biologiques et apparentées de ces gens font chaque jour que Dame Nature fait, des dons à nos populations. Sur nos chaines de télévision, nous voyons donc ces gens qui se font appeler « excellences », « vénérables « et autres « honorables », « offrir » des houes, des machettes, des pelles, des sacs de riz, des sacs d’engrais etc. afin que les paysans, les villages pratiquent l’agriculture. Avec de telles méthodes, ces « donateurs » visent vraiment quoi sur ce continent, si ce n’est infantiliser de plus belles nos populations et les rendre plus que jamais dépendants d’un système extrêmement pervers où le citoyen finit par intégrer que pour essayer de vivre décemment, il lui faut attendre le bon vouloir de ces Hommes politiques sans qui l’enfer qu’ils vivent (déjà) aujourd’hui, serait encore pire ? Les conséquences sont bien pires que ce que l’on peut percevoir à première vue. En effet, les pauvres commerçants qui ont acheté a la sueur de leurs fronts, ces mêmes produits, en ville et qui ouvrent boutiques et magasins à la campagne voient ainsi leurs stocks perdurer et aucun argent frais entrer dans leurs caisses. De quoi vont-ils vivre alors, si leur riz, leur sel, leurs machettes ne sont plus achetées des mois durant ? Il y a la une énorme incohérence, mais vraiment totale, entre ce qui est prôné tous les jours par les « dirigeants » africains et la pratique sur le terrain.

CHALLENGE

Non seulement on se moque du peuple en le cantonnant dans la case des enfants attardés, mais en plus, on empêche de fait le commerçant (honnête) de gagner sa vie. Et, bien entendu, très rares sont les politiques qui se disent opposants qui ont le cran de dire à ces populations que ces « dons » qui leur sont faits, sont faits avec leur propre argent car ce sont les Trésors publics africains qui paient, qui banquent, qui financent ces aucun de ces gens, du plus haut place au plus bas, ne peut se permettre de sortir les deniers de sa cassette personnelle pour « faire le bien » à la population. Si vraiment ce bien était désire, il y a belle lurette que nous serions tous sur le continent, en train de vivre une sorte de paradis terrestre. Or, il n’en est strictement rien. Et pour cause…

UNE VRAIE ET GRANDE REMISE EN QUESTION S’IMPOSE

Notre continent a des ministères chargés de cette question cruciale : Agriculture, Développement rural, Agriculture, Pêche et Aquaculture etc. Peu importe le nom utilise, dans tous nos pays, les slogans ne manquent pas pour donner l’impression que ces ministères sont réellement considères comme prépondérants. Denis Sassou Nguesso disait dans les années 80, »..Un peuple qui ne produit pas ce qu’il consomme n’est pas un peuple libre . » Trente après, les Congolais, comme nombre de leurs compatriotes africains en sont encore la, à dépenser des sommes folles pour importer du blé, du riz, des poulets déjà morts avec des tètes coupées et sans la moindre viscère. Et, avec les houes et autres machettes distribuées ça et la, dans nos campagnes, cette liberté tant criée sera loin, mais très loin d’être un fait pour le milliard d’Africains que nous sommes.

Ce ne sont pas les houes offertes aux paysans togolais qui leur permettront de produire des légumes pour nos frères du Sahel. Ce ne sont pas les machettes offertes aux paysans gabonais qui donneront des fruits à nos frères vivant dans le Kalahari.

NON, NON ET ENCORE NON !

Il faut une vraie politique, volontariste avec une ligne claire, directrice, dans un cadre Panafricaniste, ou dans chaque sous-région, on retrouverait par exemple des sortes de « pôles » avec des produits agricoles, d’élevage et de pêche qui seraient produits en quantités suffisantes pour le continent, avant d’envisager tout export possible. L’étape suivante serait alors la transformation locale de nos produits, en rappelant que la première des conditions est d’abord de nous nourrir. Après cette étape de transformation on peut alors envisager l’export, aussi bien des produits finis que des autres. Hors de ce cadre, nous ne pourrons sereinement envisager de parler « d’autosuffisance alimentaire » ou de souveraineté alimentaire (ce qui est notre credo, à nous, militants Panafricanistes). Nous pataugerons encore et encore dans nos sables si brulants.

FORMONS, TRAVAILLONS ET ON VERRA LE CHANGEMENT !

Que nos dirigeants rangent leurs petites houes et leurs foutues machettes.

Nos paysans ont besoin de terres arables que nous cédons bêtement a des puissances non-Africains. Nos paysans ont besoin, pour des techniques modernes, d’être accompagnés par des techniciens et des ingénieurs agronomes. Nos paysans ont besoin de matériel modernes pour remplacer justement ces houes et ces machettes, de sorte que la production soit suffisante pour le continent. Nos paysans ont besoin de routes pour écouler leurs produits. Nos paysans ont besoin que le marché africain soit protégé au lieu de le voir si ouvert à tout et n’importe quoi. Au lieu de mettre des taxes incroyables sur des produits pas fabriqués chez nous (véhicules par exemple), ce sont les produits alimentaires venant d’ailleurs qui doivent être taxés afin de protéger et de stimuler la production locale. Nos paysans ont besoin que nous fixions nous-mêmes les prix des denrées que nous produisons, au lieu que cela soit décidé à London ou Genève. Nos paysans ont besoin d’autre chose que ces spectacles piteux auxquels nous assistons un peu trop souvent.

Par Obambé GAKOSSO PANAFRIKAN SEPTEMBRE-NOVEMBRE2013

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